Réponse à la question écrite d’Olivier Jardé sur l’avenir de la matière SVT au sein de la réforme du lycée

Question publiée au JO le : 10/11/2009 page : 10546
Réponse publiée au JO le : 11/05/2010 page : 5300

Texte de la question
M. Olivier Jardé attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale sur l’avenir de la matière des sciences de la vie et de la terre (SVT) au sein de la réforme du lycée. Les sciences de la vie et de la terre assurent la présence des biosciences et des géosciences dans les programmes de l’enseignement secondaire. Ces deux domaines constituent un support majeur pour les emplois de demain et représentent une part importante dans les secteurs de l’alimentation et de l’agriculture, des biotechnologies et des nanotechnologies, de la santé et en particulier la recherche médicale, de l’environnement pour la connaissance et le maintien de la qualité des milieux et de la vie, des géosciences tant en ce qui concerne la prospection, l’exploitation que la gestion des ressources naturelles. Pour ces raisons, les SVT doivent être présentes dans l’ensemble du cursus secondaire et technologique en tant que discipline scientifique à part entière. La culture scientifique est indispensable pour former et informer le citoyen de demain. Aussi, il souhaite savoir si le Gouvernement compte maintenir et développer les horaires et les pratiques expérimentales actuels des SVT, dans les filières générales et technologiques.

Texte de la réponse

Les arrêtés du 27 janvier 2010 publiés au Journal officiel de la République française du 28 janvier 2010 définissent l’organisation et les horaires de la classe de seconde générale et technologique et du cycle terminal de la voie générale. La réforme du lycée entre en application à compter de la rentrée 2010 en classe de seconde générale et technologique, à compter de la rentrée 2011 en classes de première, à compter de la rentrée 2012 en classes terminales. Les horaires des matières scientifiques et notamment ceux des sciences de la vie et de la Terre en classe de première doivent être examinés au regard des objectifs de la réforme. La spécialisation progressive des études, instaurée pour favoriser une plus grande fluidité des parcours, doit permettre : en classe de seconde, de donner une culture scientifique à tous les élèves et de favoriser l’appétence pour les études scientifiques ; en classe de première d’amorcer une formation scientifique plus spécifique ; en classe terminale de renforcer celle-ci dans la perspective d’études supérieures. S’agissant plus spécifiquement des sciences de la vie et de la Terre et des sciences de laboratoire dans les différentes classes de lycée, leur importance est largement reconnue dans la nouvelle organisation des enseignements. En classe de seconde, les sciences de la vie et de la Terre contribuent à la culture commune de tous les lycéens. C’est pourquoi cette discipline fait partie comme actuellement des enseignements communs obligatoires de cette classe. Son horaire est d’une heure trente par semaine. En plus des enseignements communs, des enseignements dits d’« exploration » peuvent être choisis par les élèves pour leur permettre de tester leurs goûts et leurs aptitudes dans la perspective de choix d’une série de première. Ainsi, les élèves souhaitant une autre approche des sciences pourront choisir l’enseignement d’exploration de « méthodes et pratiques scientifiques » qui a pour objectif de développer les démarches scientifiques autour de projets impliquant la physique-chimie, les sciences de la vie et de la Terre et les mathématiques. Parmi les thèmes proposés, figurent notamment : « science et aliments », « science et vision du monde », « science et prévention des risques d’origine humaine ». Par ailleurs, les biotechnologies font l’objet d’un enseignement d’exploration spécifique. Cet enseignement offre aux élèves la possibilité de pratiquer des activités technologiques en laboratoires. Ils découvrent ainsi l’importance des biotechnologies pour la recherche et la production de biens ou de services dans les secteurs de l’environnement, de la santé et des bio-industries. Dans le cycle terminal, les sciences de la vie et de la Terre conservent toute leur place dans le cadre des séries rénovées. En séries ES et L, un enseignement obligatoire de « sciences » sera offert à tous les élèves de première à raison d’une heure trente par semaine. Les sciences de la vie et de la Terre feront partie intégrante de cet enseignement. En série S, l’objectif est d’attirer en priorité vers cette série les élèves motivés par les sciences. Le choix a donc été fait de permettre à ces derniers de construire par étapes un parcours qui favorise des poursuites d’études supérieures scientifiques. En classe de première S, en plus des heures de cours traditionnelles, des activités pluridisciplinaires permettront de travailler les méthodes propres aux sciences (travaux personnels encadrés, compétences développées dans le cadre de l’accompagnement personnalisé). En classe de terminale S, l’horaire des sciences de la vie et de la Terre reste stable. Un enseignement de spécialité d’une durée de deux heures hebdomadaires pourra en outre être choisi par les élèves de la série S qui souhaitent approfondir cette discipline. Dans cette même classe, dans l’optique de donner plus particulièrement aux élèves des compétences pour la poursuite d’études supérieures, l’ancrage scientifique de l’accompagnement personnalisé sera particulièrement affirmé comme le précise l’article 4 de l’arrêté du 27 janvier 2010 relatif à l’organisation du cycle terminal de la voie générale qui prévoit qu’en classe terminale, « l’accompagnement personnalisé prend prioritairement appui sur les enseignements spécifiques de chaque série ». En série « Sciences et technologies de laboratoire » (STL) rénovée, les sciences du vivant et les biotechnologies bénéficieront de contenus modernisés et plus polyvalents préparant mieux à des poursuites d’études supérieures. La nécessité de groupes à effectif réduit dans les disciplines expérimentales n’est par ailleurs nullement remise en cause. Leur mise en place se fera dans le cadre d’une enveloppe globale laissée à disposition des établissements. Ainsi, à titre d’exemple, une enveloppe horaire de 9 heures en classe de première S et de 10 heures en classe terminale S sera laissée à disposition des établissements notamment pour l’organisation des activités en groupes restreints dans les enseignements disciplinaires et dans le cadre de l’accompagnement personnalisé. Cette enveloppe équivaut en moyenne à l’ensemble des dédoublements actuels dans ces classes. Son utilisation sera réfléchie dans le cadre du conseil pédagogique. La représentation des enseignants des différentes disciplines dans cette instance est le garant de choix pédagogiques raisonnés pour répondre au mieux aux besoins des élèves. De surcroît, les textes réglementaires précisent (cf. arrêtés du 27 janvier précités) que le projet de répartition des heures prévues pour la constitution de groupes à effectif réduit devra tenir compte des activités impliquant l’utilisation de salles spécialement équipées. Dans ce cadre, les sciences expérimentales seront concernées au premier chef.

Question d’actualité d’Olivier Jardé du 5 mai 2010 sur l’obésité

M. le président. La parole est à M. Olivier Jardé, pour le groupe Nouveau Centre.

M. Olivier Jardé. Madame la ministre de la santé, j’associe à ma question mon collègue Stéphane Demilly.

L’obésité est un problème grave de santé publique. La campagne nationale de mensuration vient de montrer que, si les Français ont grandi, ils ont surtout beaucoup grossi. Actuellement, 20 % des enfants de huit ans sont obèses, et la croissance est forte : environ 6 % par an.

L’obésité ne touche pas tous les enfants de manière équivalente : un quart des enfants issus de familles défavorisées sont concernés, mais seulement un dixième des enfants de cadres supérieurs.

Les conséquences de ce phénomène sont graves, non seulement au niveau médical, cardiologique et pulmonaire en particulier, mais également au niveau psychologique et au niveau de la réussite scolaire et professionnelle.

Madame la ministre, vous avez engagé, il y a quatre ans, un programme national d’éducation et de prévention, centré essentiellement sur les jeunes de onze à quatorze ans. Quels sont le bilan et les effets de ce programme d’éducation ? Que doit-on faire pour renforcer l’activité physique qui est, à côté de l’alimentation, un facteur important de lutte contre le fléau de l’obésité qui touche de plus en plus les jeunes Français ?

M. le président. La parole est à Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé et des sports.

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé et des sports. Monsieur le député, vous avez raison de considérer que la lutte contre l’obésité et le surpoids est une priorité de santé publique. Le fer de lance de cette campagne de santé publique est le programme national nutrition santé, dans ses deux volets de promotion d’une nourriture saine et équilibrée et de développement de l’activité physique.

Nous agissons au moyen de campagnes de communication que les Français connaissent bien, à la télévision et sur internet, ainsi qu’en mobilisant les professionnels de santé. Nous avons également reçu l’appui de très nombreuses collectivités territoriales : 195 d’entre elles ont adopté la charte nutrition santé ; 10 millions de nos concitoyens sont ainsi concernés. Les entreprises se mobilisent également, à travers des chartes de qualité nutritionnelle ; dix-huit grands groupes alimentaires les ont souscrites.

Je présenterai évidemment un bilan exhaustif de ces mesures demain. Mais je voudrais dire dès aujourd’hui que le PNNS est considéré comme une référence à l’étranger. Je voudrais également citer trois indicateurs.

La France est le seul pays développé dans lequel la courbe d’obésité des adolescents, sur lesquels vous avez raison d’insister, s’est inversée. Le nombre des adolescents en surpoids est passé depuis 2000 de 18 à 16 %. Ce n’est pas suffisant, mais c’est une véritable inversion de tendance.

Pendant la même période, le nombre de Français qui consomment cinq fruits et légumes par jour est passé de 24 % à 40 %.

Enfin, les deux tiers des Français pratiquent aujourd’hui trente minutes d’activité physique quotidienne.

Nous poursuivrons bien entendu ces efforts en nous concentrant de façon tout à fait particulière sur les inégalités de santé. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UMP et NC.)