Cliver…

Le mot est à la mode : dès que l’on prend position clairement en quittant la langue de bois traditionnelle au débat politique, on « clive« .

Ainsi, en s’opposant franchement à François Hollande lors des primaires, Martine Aubry clivait, de même qu’en proposant un débat clair sur les limites de la solidarité nationale face au chômage ou sur la simplification des procédures de reconduites aux frontières des migrants clandestins, Nicolas Sarkozy clive !

Cliver, en politique, est évidemment péjoratif, prendre parti est courageux, prendre ses responsabilités ou trancher est autoritaire, seul « concerter » est admis !

Pourtant, chacun sait bien que « gouverner c’est choisir » et que la démocratie est d’abord un mode d’organisation de la société qui permet de dégager une majorité au nom du peuple. Cette majorité reçoit le pouvoir de faire les lois qui s’imposeront à tous, y compris à la minorité, dans le respect des règles constitutionnelles.

Par nature, tout débat d’importance est clivant, sans cela il n’y a plus débat mais consensus !

Etre pour ou contre le nucléaire, pour ou contre les OGM, pour ou contre la force de frappe, l’Europe, l’indépendance algérienne, la décentralisation, sans parler de la peine de mort, le mariage homosexuel, l’euthanasie, ce sont, bien évidemment, des débats « clivants » que des votes ont tranché ou trancheront.

En quoi le droit, légitime, des minorités à manifester, parfois en prenant en otages les usagers du service public, serait-il plus légitime et moins « clivant » qu’un référendum permettant de dégager une majorité ?

Bien sûr, tout ne peut se trancher par référendum et la démocratie de représentation qui est la nôtre, permet  de prendre des décisions dans des domaines importants comme la fiscalité, la propriété, la justice, la solidarité. Mais l’essence-même de la V°République est le retour au peuple pour l’essentiel : l’élection du Président de la République et le référendum lorsque le sujet est à la fois très important et très « clivant ».

Au lieu de se battre sur les mots, ouvrons le débat ! Le peuple français est mature et peut prendre parti si les thèses des uns et des autres sont exposées sans ostracisme ou mépris.

Quant à ceux qui, à bon compte, veulent rassembler en choisissant un candidat qui totalise moins de 1% des voix dans les sondages, je veux faire remarquer simplement que « rassembler » est le contraire-même du choix d’un parti politique.

Député du Nouveau Centre, je ne tiens pas à me rassembler dans l’UMP, je souhaite conserver ma différence, mes propres valeurs, mais je connais les mérites de l’Union (qui n’est pas l’unité) et qu’il ne faut pas évoquer seulement au moment où l’on recherche les voix des autres.
Je suis différent, j’ai des alliés, des adversaires et pas d’ennemis.

Voilà mon chemin !

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