Redistribution et relance, nécessité ou erreur ?

opac amiensUne des fonctions de la fiscalité est, bien sûr, une certaine redistribution des revenus sans laquelle la solidarité républicaine perdrait son sens et, l’avenir commun, ses fondements.

Sa limite, dépassée par la gauche aujourd’hui, est la confiscation de revenus légitimement gagnés au profit de clientèles électorales ou de politiques d’assistanat plus perverses qu’efficaces.

Du strict point de vue de l’efficience économique, la redistribution des ressources produites induit des phénomènes parasites.

  1. Prélever coûte cher

En France, l’administration fiscale coûte deux fois plus cher qu’en Allemagne. Le poids démesuré de l’impôt induit la tentation de la fraude et, en retour, du contrôle. Par ailleurs, conscient de ce poids, le législateur invente des « niches » qui compliquent la perception de la recette comme le contrôle du bon usage de la niche en question.

Non seulement, prélever coûte cher, mais redistribuer aussi. Une masse conséquente de fonctionnaires étudient les demandes d’aides et de subventions sans pour autant éviter les inévitables « passe-droits » et clientèles diverses. Il faut ensuite faire voter et contrôler tout cela en y ajoutant séminaires, réunions, colloques, repas et rendez-vous pour assurer les coordinations souhaitables.

Ainsi s’envole une part non négligeable de la ressource prélevée

  1. Relancer l’économie par la dette n’est plus efficace

La théorie keynésienne, adorée par la gauche française, démontre que la dette publique peut relancer le pouvoir d’achat, l’investissement et la croissance.

Comment s’effectue, selon Keynes, ce petit miracle ?

L’Etat crée de la monnaie (ou emprunte sur les marchés), il distribue cet argent aux ménages, ceux-ci dépensent et cette consommation entraîne une demande à laquelle les entreprises répondent par de l’investissement et de l’embauche qui, elle-même, donne plus de moyens aux ménages pour consommer.

C’est magnifique, il suffirait de s’endetter pour s’enrichir !

La difficulté est que la théorie ne fonctionne (à peu près) qu’en système fermé. Je dis à peu près car les dévaluations de la monnaie et l’appauvrissement de tous les épargnants est souvent le prix de ces politiques.

Surtout, en système mondialisé, la dette réinjectée dans l’économie d’un pays, a de fortes chances de profiter d’abord aux produits importés venant de Chine, de Corée, du Maroc ou de la Tunisie avant de profiter aux produits français.

Si le gouvernement, par stupidité, voulait privilégier les produits français, il appauvrirait les consommateurs qui paieraient bien plus cher leurs vêtements, téléphones, téléviseurs et autres ordinateurs !

En économie ouverte, la relance ne peut se faire que par l’investissement dont les retombées permettraient de payer la dette qu’il a mobilisée.

Quelles leçons en tirer pour Amiens ?

Le Conseil municipal, élu en mars 2014, a relativement peu de moyens rapides et efficaces d’entreprendre une lutte acharnée contre le chômage.

Son outil essentiel est la fiscalité. En la baissant immédiatement il adresse un signal fort aux entreprises de la Métropole mais aussi à celles qui voudront s’y implanter. Il encourage les ménages à consommer cette économie fiscale et cette baisse des charges HLM [1].

En encourageant la vente des HLM, il peut aider la construction de nouveaux logements et, en créant des zones d’activités, il prépare l’avenir.

Je souhaite vivement que tous les candidats, avant de faire de belles promesses, indiquent d’abord comment les financer faute de quoi, comme Demailly en 2008, ils feront des promesses intenables et comme lui, finiront par augmenter un peu plus.


[1] Les habitants HLM paient lourdement dans leur loyer les impôts fonciers et le versement transport que les organismes HLM doivent acquitter

3 réflexions au sujet de « Redistribution et relance, nécessité ou erreur ? »

  1. Je suis totalement favorable à cette idée mais il faudra annoncer des chiffres et un programme bien réfléchi afin qu’il soit réalisable sans attendre. Le travail ne manque pas, il faut s’y mettre rapidement et efficacement.

  2. Je suis totalement défavorable au principe de la vente HLM aux occupants:
    -la construction de nouveaux logements est depuis toujours financée par les impôts de tous les Français et il n y a aucune raison de favoriser les locataires par une vente à un prix hors marche
    -si on vend à un prix comptable la valeur en argent récupère n est pas suffisante pour financer un logement aux nouvelles normes
    -enfin l expérience montre que ceux Qui voudraient acheter au prix du marche ne en n ont pas les moyens
    -C est un ancien du mouvement HLM qui vous met dit

    • Cher Patrick,
      En ta qualité d’ancien directeur de la Société HLM dépendant de la chambre de commerce, tu sais qu’il n’y a rien de tel pour afficher une bonne gestion que de continuer à faire payer à des locataires jusqu’à leur mort les loyers de logements amortis au bout de 25 ans.
      Ainsi la société HLM bénéficie des aides publiques, des loyers et de la plus-value immobilière.
      Moi, j’ai rencontré, notamment dans les quartiers nord d’Amiens, d’anciens locataires qui paient depuis plus de plus de 25 ans leur loyer et qui souhaitent, légitimement, avant leur retraite, pouvoir se dispenser de payer ce loyer qui diminuera encore leur faible pension.

      Bien sûr, cet acheteur ne pourrait spéculer avec cette acquisition faite à la valeur comptable, c’est-à-dire au prix de la construction moins les loyers payés, tels qu’ils figurent dans les comptes de l’organisme HLM. Si un tel acheteur devait le revendre, il ne le pourrait qu’à l’organisme qui le lui a vendu et au prix où il l’a lui même acheté augmenté de l’inflation. Il pourrait en revanche le laisser à un de ses enfants qui ne pourrait le vendre que dans les mêmes conditions.

      Le maire d’Amiens doit d’abord penser aux problèmes des Amiénois, le directeur d’un office HLM à ses profits : c’est aussi légitime que compréhensible.
      De plus, cette vente permettra de soulager les subventions de la ville et donc l’impôt de contribuables en faisant rentrer de l’argent pour de nouvelles constructions. La ville logera plus de ménages, offrira un choix plus vaste que d’être locataire, et contribuera à favoriser les retraites par nature à revenus moyens voire faibles.
      Bien sûr la gestion du parc locatif se compliquera un peu mais là n’est tout de même pas l’essentiel .

      Je suis prêt à un débat public sur ce thème avec tous les candidats à la mairie car il me semble utile.

      Heureux d’avoir pu échanger avec toi,
      Bien amicalement,
      Olivier

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