Oui au tramway mais… pas maintenant !

Oui, bien sûr, il faudra un tramway à Amiens, moyen de transport rapide, confortable et moderne pour améliorer le confort de nos concitoyens. Qui pourrait le contester ? Qui pourrait s’y opposer ?

Le dilemme n’est pas entre vouloir et refuser, entre partisans et opposants, entre modernistes et archaïques !
Comme souvent en politique, la difficulté consiste à nommer clairement ce à quoi il nous faut renoncer pour se payer un tramway, et là, les difficultés commencent !

En effet, soit la Métropole regorge d’argent et peut tout payer, soit elle doit augmenter ses impôts et couper dans les dépenses actuelles pour pouvoir payer le tramway.
L’enjeu est crucial, car une fois commencés, les travaux devront être intégralement payés et il sera trop tard pour regretter.

Il faut d’abord exiger la vérité des chiffres. Un débat de cette importance doit se faire dans la transparence :
– il ne faut pas nous faire croire qu’une ligne de tramway suffira. Bien sûr, il en faudra deux, comme partout ( Nord-sud et Est-Ouest). Renvoyer la facture à plus tard serait simplement tricher !
– Il ne faut pas faire croire que la forte augmentation du versement transport ne va pas peser  lourdement sur les entreprises (40 Millions €). Alors que le gouvernement vient de comprendre que nos entreprises avaient un grave problème de compétitivité, le gouvernement socialiste va d’une main, baisser le coût de la main d’œuvre et la municipalité socialiste, de l’autre main, la taxer encore plus !
– il ne faut pas faire croire que les aides attendues de l’Etat et de la Région seront confirmées alors que des économies drastiques sont partout recherchées.
– Il ne faut pas faire croire qu’une telle dépense sera payée sans dette, sans impôts nouveaux et sans restrictions fortes sur tous les budgets : économique, éducatif et enfance, logement, social, culturel, sportif, etc…
Ceux qui prétendent le contraire mentent en sachant qu’ils ne seront plus là, dans vingt ans pour payer le prix de leur erreur.
Mon choix est clair !
Avant le confort souhaitable d’un tramway, ma priorité pour Amiens est l’emploi. Elle passe par le développement économique et la réussite scolaire dont tout dépend.
Le développement économique, c’est d’abord moins d’impôts et de charges locatives dans les logements HLM pour redonner du pouvoir d’achat aux familles. Si nous baissons les impôts fonciers, les offices HLM propriétaires des immeubles en paieront moins et prélèveront moins sur leurs locataires ! Si nous baissons les impôts, les entreprises trouveront des marges de manœuvre pour être compétitives, produire et vendre, donc embaucher et/ou venir s’installer à Amiens!
Avant le confort souhaitable d’un tramway ma priorité est l’investissement dans des zones d’activité modernes, une ville attractive, et des moyens d’éducation renforcés.
Cette mutation accomplie d’une métropole qui s’ensommeille en une cité qui revit, et il est juste temps, nous permettra de vouloir vraiment un tramway sur Amiens et de pouvoir le financer sans sacrifier l’essentiel : l’avenir !

3 réflexions sur « Oui au tramway mais… pas maintenant ! »

  1. Cher Député,

    Tu me permettras d’apporter quelques arguments dont je n’ai pas la prétention qu’ils emportent la conviction mais qui sont à mon sens des éléments de réflexion concernant le projet de tramway.
    En effet, la mise en place d’un tel système de transport, système structurant pour l’organisation de la ville a un coût il est vrai, il ne faut pas que celui-ci obère la nécessaire revitalisation de la ville dont le rythme s’est d’ailleurs essoufflé depuis quelques années. Il convient cependant de donner à Amiens la dimension de capitale régionale qu’elle a du mal à atteindre du fait de cette période d’atonie.

    Pour autant, le tramway a de nombreux avantages qu’il convient de prendre en compte :

    – Il est l’image de la ville, il est le reflet d’une ville dynamique, moderne ce qui n’échappe pas à des entrepreneurs qui sont en recherche de sites d’implantation,
    – Il est un outil de la recomposition urbaine,
    – Il est générateur d’emplois tant durant les études que pendant la construction et pour assurer son fonctionnement,
    – Il fait travailler les entreprises locales,
    – Même si les commerçants sont circonspects, voir opposés au projet compte tenu des difficultés d’accès qu’ils pressentent durant la période de travaux, rares sont ceux des villes à Tramway qui après la mise en service en contestent l’utilité et l’intérêt pour la fréquentation des centres. Il faut donc viser juste entre les échéances électorales pour caler les périodes de travaux et la mise en service !!!

    S’agissant d’une seconde ligne, bien sûr qu’elle sera nécessaire et attendue par les habitants qui auront reconnu l’intérêt d’un tel système. Cependant elle le sera dans une démarche procédant par phase. Reste à choisir la bonne organisation de la première phase ; nord/sud, est/ouest, en L, ……, celle dont l’étude multicritère montrera qu’elle est la plus économique au sens large du terme -coût/efficacité, assurant une organisation transitoire du réseau de transport collectif efficace et porteur de développement urbain.

    JC PRADEILHES

    • Cher ami

      Merci de votre courrier bien argumenté et c’est parce que j’ai bien mesuré tous les avantages d’un tramway que, comme vous, j’y suis favorable. En revanche, je pense qu’il ne suffit pas de trouver des avantages à un investissement pour le réaliser comme si la seule question à poser était : est-ce un bon investissement?
      C’est ce que fait M. Demailly et que je conteste.
      Une ville, pas plus qu’un particulier, dispose de ressources infinies. Elle doit arbitrer entre tous les « souhaitables » pour hiérarchiser les « possibles ».
      Après les augmentations d’impôts dues à la Région (première imposition de France), au Conseil général, M. Demailly piétinant ses promesses électorales placardées partout, a augmenté significativement les impôts des Amiénois (Une des taxes foncières les plus élevées de France ! ).
      Ces impôts prélevés sur les ménages et sur les entreprises grèvent le pouvoir d’achat donc le commerce et la compétitivité de nos entreprises donc l’emploi.
      Je souhaite que la ville s’engage dans un plan de réduction de la fiscalité.
      Le seul versement transport à 2%, payé par les entreprises, leur coutera 40M€ soit l’équivalent de 2000 emplois payés au SMIC, charges comprises. Il était de 24M€ en 2008, arrivée de M Demailly ! Le document de simulation financière transmis aux maires de la Métropole en octobre 2012 fait état d’une subvention d’équilibre de plusieurs millions d’euros.
      L’Etat socialiste vient d’annoncer une réduction drastique de ses concours aux collectivités. A vrai dire, elles l’ont bien cherché devant les recrutements massifs de personnel, les doublons et les investissements non utiles. Il est évident que ni la Région ni le Conseil général dont les finances sont exangues ne pourront aider à hauteur des espoirs de M Demailly.
      Tous les comptes de la Métropole sont dans le rouge : budget de l’eau et assainissement, Transports, Valorga usine de méthanisation, ordures ménagères en dépit du ramassage un jour par semaine.

      – Outil de recomposition urbaine dites-vous avec raison : OUI, mais ces actions ne sont pas chiffrées dans le budget actuel ! Qui les paiera ?
      – Générateur d’emplois mais payés avec quels impôts ? Les déficits du tramway s’ajouteront aux déficits actuels des bus !
      – Il ne fera que peu travailler les entreprises locales, car il s’agit de terrassement et ce sont de grosses multinationales équipées pour cela et c’est tant mieux car comment reconvertirions nous cette main d’oeuvre après les travaux ?

      Ma priorité n’est donc pas à cet investissement coûteux dont la réalisation sollicitera ensuite le budget en fonctionnement mais à des investissements directement créateurs d’emplois. Gilles de Robien avec la filière numérique a permis la création de 4 000 emplois et cet investissement a été totalement rentabilisée : il rapporte aujourd’hui aux finances locales. Autant avec la création du pôle logistique.
      C’est de cela qu’Amiens a besoin AVANT un tramway dans une ville de 132 000 habitants. Le tramway prévu ne desservira aucune zone d’activité et une seule commune de la Métropole hors Amiens.

      Voila pourquoi je dis : OUI au tramway mais pas avant d’avoir rétabli les comptes, limité les impôts, investi dans l’emploi durable et l’attractivité indispensable.
      Veuillez croire cher ami à mes remerciements pour ce dialogue et à toute mon amitié.
      Olivier Jardé

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  2. L’argument développée par le Président d’Amiens Métropole qui consiste à dire  » prenons exemple sur telle ou telle ville qui dispose de leur tramway … pourquoi pas nous? » est un argument hypocrite car ce qui n’est pas dit c’est que la majorité de ces villes prises, en exemple, ont engagé ce type d’investissement dans un temps ou l’Union européenne et même l’Etat apportaient leurs concours financiers ( subventions, prêts à intérêt casi nul … ) de façon généreuse. Ces temps ont bien changé et la question « Qui va payer ? » que vous posez est essentielle dans ce débat. Pour la gauche la réponse est passée sous silence , sous estimée et ce projet « pour faire réver » ne trouve son fondement qu’à travers une recherche d’un argumentaire électroraliste.

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