De la proximité

Autant la décision politique exige du recul, de la hauteur de vue et parfois de la distance pour apprécier un problème et décider, autant la connaissance des êtres et des choses requiert la proximité, l’empathie, le contact  pour que la communication se fasse et que, derrière la façade des rôles et des personnages, se découvrent des femmes et des hommes avec leurs problèmes, leur histoire, leurs espoirs et leurs craintes.

Combien de fois en consultation à l’hôpital, dans mes permanences politiques ou à l’occasion d’une fête, d’une manifestation sportive ou culturelle, j’ai découvert, en proximité, des êtres différents de ceux que je croyais connaître et qui soudain m’apparaissaient, dans un autre contexte et un autre cadre, tout à fait autres.

Pour moi, cette dualité entre la réflexion stratégique sur les grands problèmes de la France et du monde et cette proximité des quotidiens fait intimement partie de la vie politique et je me méfie instinctivement des votes à la proportionnelle qui risquent d’éloigner le député de ses électeurs. Il sera choisi par le parti politique auquel il appartient et ne devra plus rien à ses électeurs, comme le prouve surabondamment les élections régionales ou européennes.

Il est souhaitable, bien sûr, que tous les courants politiques soient représentés à l’assemblée. Une faible dose de proportionnelle y pourvoira sans supprimer cette proximité entre le député, ses électeurs et son territoire.

Au vrai, je ne comprends pas comment l’idée peut venir à une formation politique de parachuter un candidat sur une circonscription qu’il ne connaît absolument pas. Je ne comprends pas davantage celui qui pense que quelques présences pendant un mois dans les manifestations où il sera présenté comme  nouveau-né à la famille et aux amis, suffisent à tisser ces mille liens qui, au-delà des accointances partisanes, forment la trame de la relation élu et citoyen.

C’est si vrai que le public moque ces connivences entre élus de proximité qui, semaines après semaines, se croisent dans les mêmes manifestations, serrent les mêmes mains, sourient aux mêmes électeurs, conseillent ou aident celui-ci ou celui-là sans se soucier de savoir pour qui il va voter tant les engagements changent avec le temps.

C’est cette proximité qui est l’essence de la démocratie représentative car on représente qui lorsqu’on ne connaît plus personne?

Pour cette raison, je ferai une campagne de proximité qui, dans cette période tourmentée me semble plus nécessaire que jamais. Je montrerai comment les problèmes de la Grèce, de l’Europe et de la France impactent chacune de nos communes et l’avenir de chacun d’entre nous. Dans le choix décisif du bulletin de vote, je souhaite que chaque électeur puisse voir, derrière les discours peaufinés, le regard reconnu de l’élu qu’il a croisé, en proximité.

2 réflexions sur « De la proximité »

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