L’ENJEU – Première partie

L’enjeu de la politique française, pour les 5 années à venir, est aussi simple à énoncer que complexe à affronter. Il tient en un mot : compétitivité.

Tous les problèmes de la France s’y résument, toutes les solutions en découlent.

La compétitivité de « l’entreprise France » est tout simplement sa capacité à produire mieux ou moins cher afin d’assurer par la vente de sa production les ressources nécessaires aux achats de sa vie quotidienne.

Cette compétitivité permet un accroissement du chiffre d’affaire tant en France même, puisque les produits français seront souvent préférés aux produits étrangers, qu’à l’étranger où ils s’imposeront par leur rapport qualité prix.

Cette croissance du chiffre d’affaire induit le besoin d’une main d’œuvre supplémentaire donc une croissance de l’emploi qui génère elle-même une croissance des revenus.

Ces revenus sont sources de cotisations sociales et d’impôts qui rétablissent tous les comptes publics, ceux de la sécurité sociale, comme ceux de l’Etat et des collectivités locales. Une baisse de ces impôts et cotisations devient possible et ajoute à la compétitivité.

En quelques années, la dette est remboursée, l’investissement public possible, la solidarité confortée, le rôle extérieur de la France, crédible.

Comment obtenir cette compétitivité ?

Trois conditions essentielles doivent être réunies :

  • Pour vendre moins cher, il faut que les coûts de la production baissent.
  • Pour produire mieux, il faut que la qualité de la main d’œuvre soit meilleure.
  • Pour que l’effort sur les coûts, comme sur la formation, soit accepté, il faut assurer une meilleure répartition des gains entre l’actionnaire qui risque son argent, le salarié qui risque son emploi et l’entreprise qui risque sa survie.

Pour que les coûts de production baissent, sans que les salaires baissent, il faut peu à peu supprimer les charges qui pèsent assez stupidement sur le coût du travail. Pour y parvenir, il faut expliquer, sans relâche, que ce n’est pas l’entreprise qui paie ces charges mais le consommateur qui achète un produit.

L’entreprise assume la charge dans ses prix et se trouve, ainsi, handicapée mais elle incorpore toutes ces charges dans son prix de vente. C’est ce prix, cotisations sociales comprises, que va payer le consommateur.

L’entreprise peut mourir de trop de charges mais elle ne les paie jamais!

De ce fait, en transférant les charges patronales sur la TVA ou la CSG on ne change pas de payeur, on se contente de supprimer un intermédiaire (l’entreprise) dont ce n’est ni le rôle ni la compétence.

La gauche prétend que la TVA est injuste car les petits revenus, en dépensant tout, la paierait, en proportion, plus que les gros revenus qui, eux, épargnent ! C’est méconnaître la réalité économique. L’épargne est faite pour être dépensée et souvent plus que l’épargne placée puisque s’y ajoute le plus souvent un emprunt[1]. Dès lors, cette épargne augmentée.

Il faut noter que, de surcroît, on libère l’entreprise d’un travail administratif et comptable qui ne la concerne pas, de contrôles nécessaires pour limiter les fraudes (qui deviennent inutiles).

Tous les fonctionnaires occupés à ces taches de contrôles pourraient utilement être affectés à la lutte contre la fraude à la TVA qui coûtent selon les estimations entre 50 et 80Milliards d’euros à l’Etat par an.

En conclusion de ce premier point, ce n’est pas par une baisse des salaires que l’entreprise retrouve la compétitivité mais en voyant son prix de revient allégé des coûts qui ne relèvent pas de la production.

On notera que contrairement à ce que l’on entend ici ou là, la hausse des charges et des impôts ne relance pas l’économie, elle l’étouffe par des charges qui nuisent à sa compétitivité. L’exemple de l’Irlande actuellement et, dit-on, de l’Espagne montre que la baisse des charges de l’entreprise relance la compétitivité des entreprises et la relance progressive de l’économie.


[1] Si j’épargne pour acheter un appartement, un véhicule, un bateau ou un ensemble numérique, je paierais la TVA sur ces achats qui seront payés par l’épargne et l’emprunt. J’aurais donc payé plus de TVA que celui qui dépense tout sans épargner !

2 réflexions au sujet de « L’ENJEU – Première partie »

  1. Sans vouloir compliquer le schéma « compétitivité », il faut y ajouter 2 items importants, me semble-t-il:
    1- Les « frais généraux » de l’entreprise France ont un impact non négligeable sur la compétitivité . Ils doivent être réintroduit dans le programme d’action
    2- La nécessité de couvrir les importations par des exportations est impérative. Mais, exporter des biens industriels ou des services ne relève pas des mêmes options politiques

    • Bonsoir Monsieur,
      Vous avez tout à fait raison pour les frais généraux et c’est ce que j’ai essayé d’exprimer en indiquant que la dépense publique était moins un élément de la relance qu’un frein à la compétitivité.
      Je pense surtout que la vraie charge insupportable est l’organisation territoriale de la France avec ses 36 000 communes qui exigent des milliers de kilomètres de routes, de réseaux d’eau, d’assainissement, d’électricité, de téléphone et maintenant de très haut débit, sans compter les équipements publics et leurs frais de fonctionnement.
      Hélas, « cet art de vie à la Française » n’est pas discutable dans une élection. Il est déjà difficile de faire comprendre que l’entreprise ne doit pas être gr’vée de charges dont elle ne connait rien.
      Merci de votre participation. J’apprécie beaucoup de travailler avec votre frère
      Bien cordialement,
      Olivier Jardé

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