Crédibilité

Valérie Pécresse Ministre du BudgetOn me dit que cette campagne est trop technique, donc difficile à suivre.

C’est vrai. Comme je le disais récemment, c’est pourtant le prix à payer à la démocratie et à la citoyenneté. Voter lorsque l’on ne veut pas s’informer est une erreur, presque une faute.

Encore faut-il que les candidats fassent l’effort de se faire comprendre et ne confondent pas la pédagogie avec le simplisme démagogique ou le charabia technocratique. Il faut aussi que les journalistes, en charge d’informer, soient capables, à leur tour, d’expliquer avec bonne foi les propositions de chacun.

Dans ce sens, il m’a semblé intéressant de vous donner à lire le programme que Nicolas Sarkozy vient d’adresser à Bruxelles comme engagement de la France à respecter le pacte de stabilité et de croissance. Il ne s’agit pas d’un discours de campagne, mais d’un engagement international, qui résume bien l’effort demandé aux Français avec la partie déjà réalisée et le chemin à parcourir.

C’est bien volontiers que je répondrai à toutes les questions sur ce pacte qui n’est pas un discours de campagne mais un engagement international de la France.

Dans le programme de stabilité envoyé à Bruxelles, le gouvernement détaille les moyens qu’il compte mettre en œuvre pour que la France équilibre ses comptes.

C’est un exercice obligé qui cette année, à quelques jours de la présidentielle, prend une tournure plus polémique. Le gouvernement a présenté mercredi aux commissions des finances du Parlement le programme de stabilité des années 2012 à 2016. Destiné à Bruxelles, ce document décrit la façon dont le France compte ramener à zéro le déficit cumulé de l’Etat, de la Sécu et des collectivités locales. Un assainissement qui permettra de réduire peu à peu le poids de la dette publique dans la richesse nationale à partir de 2014.

Pour rééquilibrer ses comptes, le France doit trouver 115 milliards. Le gouvernement a fait le choix, politique, de faire porter l’effort à deux tiers sur les dépenses (74 milliards) et au tiers les recettes (41 milliards). C’est cette feuille de route que Nicolas Sarkozy a reprise dans son programme électoral. « Tout miser sur les recettes, prôner le matraquage fiscal comme le font certains en ignorant l’impact que cela aurait sur la croissance, n’est clairement pas une alternative politique », insiste Valérie Pécresse, ministre du budget, dans une allusion à peine voilée à François Hollande.

A vrai dire, le gouvernement ne compte pas réduire les dépenses mais en limiter la progression à 0.4% en plus de l’inflation, de 2012 à 2016. Les 74 milliards sont des économies par rapport à la dérive naturelle. La hausse des dépenses publiques a été de 0.3% et de 0% en 2011, du jamais-vu depuis 1960. Cela montre que notre objectif de 0.4% est crédible », affirme Valérie Pécresse. Pour l’atteindre, le gouvernement compte poursuivre dans la voie de ces dernières années (sachant par ailleurs que les réformes déjà votées génèreront encore 39 milliards d’économies en 2016) : non-remplacement d’un départ sur deux de fonctionnaire, revue des programmes pour une baisse des dépenses de l’Etat, gel des transferts de l’Etat aux collectivités, hausse des dépenses d’Assurance-maladie limitée à 2.5%.

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