Hollande se rapproche de Mélenchon

« Qu’ils partent tous ! » dit Mélenchon en parlant de tous ces chefs d’entreprises, ingénieurs, cadres supérieurs, chirurgiens et grands avocats qui refusent d’être spoliés par une fiscalité démentielle. Ils vont partir…et après ?

Après les centrales nucléaires échangées contre des voix sans craindre de mettre en péril la filière nucléaire française et ses emplois, François Hollande veut cette fois complaire à Mélenchon avec sa super fiscalité.

Après tout seulement 3000 personnes seraient concernées. Mais ces 3 000 personnes font partie de celles, trop peu nombreuses hélas, qui créent une large part de la richesse française.

Lorsque l’on veut encourager la création d’entreprises, l’entreprenariat, l’investissement, la recherche, l’excellence, bref tout ce qui fait la force et la richesse d’un pays, c’est d’abord à eux que l’on fait appel.

Comment ne pas comprendre que les taxer ainsi c’est non seulement leur prendre ce qu’ils ont légitiment gagné, mais aussi les humilier en laissant entendre que cet argent est en quelque sorte indu, presque spolié!

On se souvient de l’aventure des salariés de « SEA France » dont le syndicat souhaitait être le repreneur avec les indemnités de licenciement de ses salariés. L’aventure a vite tourné court car une chose est de décrier les » patrons » une autre de prendre leurs responsabilités et leurs risques!

Si je trouve légitime que ceux qui gagnent beaucoup, contribuent beaucoup à la solidarité je pense qu’il n’est pas digne d’ériger la jalousie en système et de trouver des boucs-émissaires chez ceux qui ont tout simplement réussi par leurs talents, leur travail et le courage d’avoir risqué!

2 réflexions au sujet de « Hollande se rapproche de Mélenchon »

  1. Depuis plusieurs années on nous rebat les oreilles que la France est au bord du gouffre en vivant bien au dessus de ses moyens, que notre pays est enfaillite, que la dette publique a atteint des sommets insupportables et qu’il est temps que chaque français prenne conscience de cet implacable constat. Les responsables politiques rejoignent la plupart des économistes et décrètent à qui veut l’entendre que l’heure des efforts a sonné et que chaque français doit prendre part au redressement de la France en acceptant les sacrifices indispensables. Parallèlement l’écart entre les plus riches et les plus pauvres de notre beau pays de France n’a fait que croître depuis des années : les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres (900000 personnes ont eu recours cette année à l’aide des resto du coeur et il ne se passe pas une journée sans que l’on entende sur les ondes que tel patron du CAC 40 a vu son salaire augmenter en un an de 30, 40 ou 50%, que pour faire venir les meilleurs joueurs de foot au PSG, les Cataris proposent des salaires de plus en plus faramineux …).
    Alors, sauf à penser que l’on nous ment depuis des années sur la réalité de la crise, ce que je n’ose même pas imaginer car ce serait à désespérer de ce qui reste de bonne foi chez ceux qui prétendent nous gouverner, alors oui, il faut que chacun fasse des efforts à la hauteur de ce que le pays et les français lui ont octroyé. Loin de moi l’idée de penser que ceux qui gagnent beaucoup d’argent ne l’ont pas mérité mais si les mots solidarité, fraternité, patriotisme ont encore un sens, je ne comprendrais pas que ceux qui ont largement plus que le nécessaire vital ne soient pas en mesure de sacrifier un peu de leur bien être pour contribuer plus que les autres au redressement de la France. Franchement qu’on ne vienne pas me dire qu’avec un million d’€ par an , il est difficile de se faire plaisir et de permettre à ses proches de profiter de tous les plaisirs de la vie.
    Maintenant, si j’ai bien compris la proposition du candidat socialiste, c’est au contribuable, sur ses revenus propres que l’on va demander de faire l’effort. Les entreprises ne sont nullement concernées. Je ne vois donc pas en quoi les patrons, individuellement concernés par la mesure, ne seraient plus en mesure de créer, dans leur entreprise, des emplois en France si tant est que le marché le leur permet.! Ou alors ce ne serait que de la mauvaise volonté des personnes concernées qui témoignerait d’une bien piètre attitude du patronat français et plus largement des plus riches de notre pays. Ce que je n’ose imaginer!
    Pour ma part, je me considère ni pauvre, ni riche mais plutôt d’une classe social aisée avec des revenus annuels au dessous de 100000 €/an. Parceque je crois que notre pays et plus largement l’Europe est en crise, je me suis fait à l’idée de voir mes impôts augmenter et je trouverais cela normal. Je pense aussi que trop peu de français payent l’impôt sur le revenu et qu’il serait souhaitable que même les plus pauvres d’entre nous y soient assujettis même faiblement! A en croire les sondages, je pense faire partie d’une large majorité puisque plus de 60% de nos compatriotes ont plutôt bien admis la proposition de F. Hollande. Ouvrez les yeux et comprenez qu’il y a une forte attente de justice sociale et un souhait de plus grande équité, les socialistes l’ont bien compris, que la droite traditionnelle n’y soit pas réceptive c’est peut être naturel mais que le courant de pensée centriste, dont je fais partie, ne le comprenne pas cela me fait de la peine !!

    • Amiens, Le 5 mars 2012
      Bonjour Monsieur,

      Je vous remercie d’avoir bien voulu prendre le temps de répondre longuement à mon article sur les propositions fiscales de François Hollande et je m’empresse d’y répondre afin de poursuivre un dialogue et noter nos accords et nos divergences.
      Nos accords, d’abord :
      – Oui, la France est en crise grave et il est profondément légitime que ceux qui gagnent beaucoup paient plus.
      – Comme vous, je suis scandalisé par des salaires qui défient le bon sens
      Les faits ensuite :
      – Plus de 50% de nos concitoyens ne paient pas d’impôt sur le revenu
      – 20% de la population paient, à eux seuls, 80% de cet impôt.
      – Avec 56% du PNB, la dépense publique française est la plus élevée du monde. En profitent, d’abord, les plus défavorisés qui perçoivent plus qu’ailleurs, sans rien payer : c’est une solidarité normale. Cette solidarité est la cause essentielle du déficit de l’Etat.
      – Lorsque le candidat socialiste annonce une fiscalité au taux marginal de 75%, il parle d’un impôt sur le revenu et non sur le salaire, ni sur les successions! Il comprend donc les revenus du couple, les revenus mobiliers (des actions placées dans l’économie), les revenus fonciers. Il faut ajouter à cet impôt la CSG et la CRDS ainsi que l’impôt sur la fortune. On atteint les 100%, ce qui s’appelle un taux confiscatoire.
      – Il annonce lui-même que cet impôt ne rapportera quasiment rien (2,5Millions €),donc ne servira pas la solidarité!
      – Les délocalisations des personnes ainsi frappées sont aussi évidentes que celles, actuelles, des artistes, des sportifs, des hommes d’affaires. Pourquoi Noah ou Aznavour vivent-ils en Suisse ? Très vite, comme pour les joueurs de foot, on fera une loi fiscale spéciale pour tenter de garder quelques talents chez nous.
      – Les patrons du CAC 40 ne sont, par définition, que 40! Comme les stars du football, ils négocient librement leurs salaires. Mieux qu’elles, ils peuvent très facilement se les faire payer ailleurs qu’en France. Carlos Ghosn est président de Nissan!
      Nos divergences maintenant :
      – Chacun, dans le respect des lois, conduit sa vie comme il l’entend. Les uns souhaitent entrer en religion, d’autres devenir artistes, beaucoup recherchent la sécurité de l’emploi et une tranquillité de vie, des milliers risquent chaque semaine des millions d’euros pour tenter de gagner le « gros lot » (sans fiscalité) quelques-uns seulement acceptent les risques, l’effort, l’insécurité, le stress de la vie d’entrepreneur.
      – Souvent, dès l’école, ils ont accepté de travailler plus, de stresser plus, de se priver de vacances, de loisirs ou de soirées en boîte de nuit, en n’écoutant pas le traditionnel « on n’a qu’une fois 20 ans ». En dépit de ces efforts, tous ne réussissent pas, loin s’en faut, et les concours sont une impitoyable sélection.
      – C’est d’eux, d’abord, que dépend l’emploi des autres (s’ils ne sont pas fonctionnaires), c’est d’eux, d’abord, que dépendent les revenus de milliers de salariés, c’est d’eux d’abord, que dépend notre compétitivité, notre capacité à intégrer l’innovation, à gérer la concurrence. Vous m’accorderez que si c’était facile, il y aurait davantage d’amateurs.
      – Contrairement à ce que vous semblez penser, une telle proposition impactera directement les entreprises. D’emblée, les implantations étrangères qui souhaitent rémunérer librement leurs dirigeants qui s’expatrient, ensuite, les sièges sociaux internationaux que rien de spécial ne retient en France, qui en détient une part faible par rapport à Londres. Bien sûr, la fuite de nos jeunes les plus performants qui rêvent (ont-ils tort?) de s’enrichir, est déjà significative! Enfin, sans riches, qui financera ces entreprises qui devront réindustrialiser la France?
      – Hollande leur propose un jeu stupide : si tu perds tant pis pour toi, si tu gagnes je prends ! C’est à cela qu’aboutit la taxation identique des revenus du travail et ceux du capital faite sans précaution.
      Conclusion
      Christian St-Etienne, économiste, énonce les trois principes généraux d’une bonne fiscalité :
      v La fiscalité sert à financer les dépenses publiques à la condition que celles-ci soient justes et utiles
      v La fiscalité doit encourager l’activité économique, l’innovation et la prise de risque entrepreneurial, qui sont le fondement du progrès social
      v La fiscalité doit prendre en compte les capacités contributives des citoyens et la nature du bénéficiaire des dépenses publiques afin d’être équitables

      Comme vous, je pense que ces grands patrons devraient avoir la décence de ne pas s’offrir de tels salaires même si c’est une norme internationale, comme vous, je pense que la solidarité est indispensable à la cohésion nationale.
      En revanche, je désapprouve une mesure fiscale qui ne rapportera rien mais qui stigmatisera ceux qui osent et qui s’enrichissent par leur talent. Ces propos ne font pas progresser la solidarité, seulement la jalousie, et j’en suis triste.
      A votre disposition pour poursuivre ce débat en souhaitant qu’il nous aide, avec d’autres, à progresser dans l’espoir d’une France qui reconnaitrait le mérite autant qu’elle réclame la solidarité.
      Votre dévoué, Olivier Jardé

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