Analyse sur la jeunesse

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En matière de politique tournée vers la jeunesse, il faut distinguer deux strates d’action : au niveau national et au local.

Si au niveau local les enjeux de la politique jeunesse sont importants, c’est que cette politique est une politique transversale qui touche à la fois les écoles, l’animation, la culture, l’aménagement et l’équipement mais aussi les transports. C’est la raison pour laquelle la politique jeunesse nécessite une vision globale et une grande cohérence entre tous ces domaines, au risque que chaque service d’une collectivité travaille de son côté de manière inefficace et incomplète. La politique jeunesse relève donc en grande partie des collectivités territoriales auxquelles il est toutefois possible d’apporter une impulsion et vision en direction de la jeunesse.

Car la jeunesse représente notre l’avenir, elle est pleine d’espoir d’aspiration et de rêves. Il faut que les responsables politique aujourd’hui permettent à la jeunesse de s’épanouir. Qu’ils puissent choisir les formations qui les intéressent avec un emploi à la clef, il faut pouvoir éveiller leur curiosité par le biais de l’école mais aussi par la culture. Que chaque jeune français se sentent français et fier de l’être. Au regard du contexte actuel, tout ceci relève d’un immense défi.

Car aujourd’hui, les jeunes se sentent délaissés par la politique et expriment une très haute défiance envers elle et ceux qui la font c’est notamment dû au taux d’activité faible et chômage persistant qui les touchent. Aujourd’hui le marché du travail est difficilement accessible aux jeunes en France, où leur insertion professionnelle est plus problématique que chez les voisins européens.

En chiffre, cela donne un taux de chômage des jeunes multiplié par 3,5 depuis ces quarante dernières années et qui atteint 24 % en 2016 pour les moins de 25 ans (France Stratégie). Soit une cinquième position peu glorieuse sur les 16 pays étudiés, derrière la Grèce, l’Espagne, l’Italie et le Portugal.

Autre constat : 17 % des 15-29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation.

C’est là où l’État se doit d’intervenir, il faut redonner aux jeunes de l’espoir en leur avenir, et pour cela, il faut développer une politique en faveur de l’emploi des jeunes.

1)Une politique en faveur de l’emploi des jeunes.

Trop longtemps, l’intelligence de la main a été mis en concurrence avec l’intelligence de la tête. Il faut que cela cesse, l’excellence se trouve également dans les voies d’apprentissage. Développer l’apprentissage est un des leviers pour faire diminuer le chômage des jeunes, en facilitant leur insertion dans un monde professionnel où il existe des emplois à la clef.

Cependant, l’enseignement professionnel en France ne répond pas aux attentes des jeunes, des familles et des employeurs, nuisant à l’emploi et à la compétitivité́. Plusieurs raisons à cela : force est de constater l’éducation nationale favorisent la voie générale comme voie d’excellence. Trop souvent, les lycées professionnels et l’apprentissage sont considérés par l’administration scolaire comme voie de relégation.

Il faut revaloriser l’enseignement professionnel et faire de l’apprentissage une priorité

  • Faciliter et renforcer l’engagement des entreprises pour l’apprentissage

  • Mettre en place une exonération totale des charges sociales pour l’embauche d’un jeune en alternance, et lancer une grande campagne de promotion de l’alternance

  • Instaurer un dispositif incitatif pour que les entreprises qui comptent plus de 4 % de jeunes en alternance parmi leurs effectifs soient autorisées à dépenser les fonds de la taxe d’apprentissage pour créer leurs propres centres de formation.

  • Confier la gestion des centres de formation des apprentis (CFA) et des lycées professionnels aux régions, en association avec les branches. Les chefs d’établissement devront disposer d’une autonomie d’action et de moyens dans le cadre d’objectifs fixés annuellement.

Outre le développement de l’apprentissage et de l’alternance, il est important que chaque jeune entrant dans une formation ait connaissance des débouchés de cette dernière, et, dans une plus grande mesure, des opportunités d’emploi dans le bassin d’emploi qui l’intéresse. Pour cela, il faut pouvoir renforcer les liens entre l’école et l’entreprise en incitant les jeunes à effectuer plusieurs stages mais également mettre en place des « module » permettant de préparer les jeunes dans leurs choix d’orientation.

  • Améliorer l’information des jeunes et des parents en intégrant, dans le « Portail de l’Alternance » les opportunités professionnelles à l’échelle de chaque bassin d’emploi, ainsi que les taux d’emploi pour chaque filière et établissement à la sortie, à 3 ans et à 5 ans, les places disponibles en CFA, les recherches d’alternants des entreprises. Ce portail sera mis à la disposition de tous les acteurs de l’emploi.

  • Mettre en place dès le collège des « modules d’éducation » pour préparer les jeunes dans leurs choix d’orientation (éducatifs ou professionnels).

  • Introduire dans les programmes davantage de contenu qui soit en lien avec la vie professionnelle future des élèves, en formant les jeunes dès le collège, avec l’obligation de faire au moins 6 semaines de stages durant cette période (2 semaines en 4e et 4 en 3e). Encourager également les stages professionnels au lycée.

Afin de financer ces nouvelles dépenses en faveur de l’apprentissage et de l’alternance, il faut cesser la politique des emplois aidés (sauf pour les personnes en situation de handicap) qui ne sont pas des emplois durables et marchands.

  • Supprimer les emplois d’avenir et les contrats de génération, qui coûtent 1,2 Mds€ par an au budget de l’Etat, et réorienter ces sommes vers l’alternance. Cette suppression ne s’appliquera pas aux contrats aidés dans le domaine du handicap. De manière générale, les moyens des contrats aidés du secteur non marchand doivent permettre de renforcer l’alternance et d’autres dispositifs efficaces pour apporter une réponse aux « décrocheurs » de notre système éducatif (écoles de la deuxième chance, EPIDE, dispositifs d’accompagnement renforcé…).

Plus largement, l’amélioration du taux d’emploi des jeunes passera inévitablement par une politique économique de réduction des charges des entreprises et de simplification du code du travail.

2. La culture comme repère pour la jeunesse.

La culture permet à l’homme de construire son identité, de comprendre le monde qui nous entoure et de s’adapter à un monde en perpétuel changement. Avec la maîtrise de la langue française et la connaissance de l’histoire, la culture constitue le pilier de notre identité, mais aussi de l’intégration des nouveaux arrivants. Or, la fracture culturelle est forte entre les initiés et les autres, entre Paris et le reste de la France, notamment pour les jeunes qui ont parfois l’impression d’être les délaissés de la culture.

  • Conforter la place de l’éducation aux arts et à la culture dans les programmes d’enseignement, en articulant mieux enseignement culturel et histoire générale, et en renforçant la place de l’histoire de l’art dans l’enseignement de l’histoire générale. Développer la conscience d’appartenir à cette civilisation singulière et brillante qu’est la civilisation européenne.

Mot de Margaux Delétré, adjointe à la jeunesse et intervenante sur la réunion sur la jeunesse :

La ville d’Amiens est candidate pour devenir en 2020 la Capitale Européenne de la Jeunesse. Très peu connu, ce titre serait pourtant bénéfique à notre ancienne capitale régionale, tant sur son attractivité que sur les nombreuses retombées touristiques et économiques. Amiens est une ville jeune, étudiante, cosmopolite. Elle est située au carrefour de l’Europe, dans le triangle Londres/Paris/Bruxelles. Grâce aux politiques menées dans leur transversalité pour la Jeunesse, la ville d’Amiens peut relever le défi de devenir Capitale Européenne. Un diagnostic de terrain inédit a – à cet effet – été réalisé sur la situation des jeunes dans la ville. Soutenons tous Amiens dans cette bataille, seule ville française dans cette compétition ! Hissons la dans la cour des grands !
Informations complémentaires :
Titre décerné par le Forum Européen de la Jeunesse (siège : Bruxelles) qui regroupe une multitude d’organisations Jeunesse nationales ;
Verdict : fin novembre

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