Quatre adjoints ?!

Que de commentaires pour une proposition qui a pour moi la force de l’évidence…
« Pourquoi quatre adjoints? » me disent les uns, inquiets pour l’absence de gâteau à offrir aux ralliés, aux amis, aux dévoués, bref à tous ceux qu’il faut récompenser pour leur ralliement.mairie d'Amiens OJ
« Cela ne s’est jamais fait ! » me disent d’autres, justifiant par l’exemple passé l’évidence future…
Mais enfin, disent les plus raisonnables, « sans un nombre suffisant d’adjoints, tu te mets dans les mains de l’administration qui aura tous les pouvoirs ! ».

Pourquoi quatre adjoints ?

Le motif financier existe mais il n’est pas à l’origine de ma proposition. Je précise, d’abord, que la ville sera administrée par 4 adjoints pour la ville et 8 Vice-Présidents à la Métropole dont 4 avec des fonctions clés comme le développement économique, le Tourisme et l’aménagement des zones d’activités, ou encore, le développement stratégique qui incorporera les transports et le stationnement , le logement dans le grand Amiénois, le réseau haut débit, l’environnement notamment. Il y aura par ailleurs un Vice-Président en charge de la culture et un autre en charge du sport qui mettront en œuvre les politiques votées à la Métropole et relevant de la compétence métropolitaine.
Comme la Métropole sera également, comme depuis Gilles de Robien, administrée en quatre territoires appelés  » communautés », prolongeant les secteurs de la ville vers les communes voisines, il y aurait un Vice-Président pour chacune d ‘entre elles. Il aura évidemment un regard sur ce qui se passe sur le  » secteur » inclus dans la communauté qu’il administrera.
Enfin, comme par le passé des « conseillers délégués » au nombre de deux par adjoint de secteur viendront épauler le Maire-Adjoint de secteur, l’un pour les animations (cohésion sociale, éducation, jeunesse, urbanisme, culture…) par exemple et l’autre, dans les travaux ( voiries et trottoirs, espaces verts, logements, circulation, entretien des écoles, gymnases, équipements municipaux…).

J’espère aussi que tous les élus, ils sont élus pour cela, aideront leurs collègues en apportant écoute des habitants, conseils, regards attentifs sur le quotidien, imaginations fertile pour les solutions appropriées et une participation active à la pédagogie indispensable à toute action municipale.

Bref, les Amiénois ne manqueront pas d’élus pour les écouter ni pour agir au quotidien comme pour la préparation de l’avenir. Nous aurons en revanche évité le spectacle affligeant de ces adjoints qu’on ne voit ni n’entend jamais et dont on se demande pourquoi ils ont été élus !

Quatre adjoints, c’est pour avoir de véritables maires de secteur disposant, par délégation, de véritables pouvoirs de propositions et d’actions dans son secteur, disposant d’un budget global et d’une administration décentralisée pour gérer le quotidien dans la disponibilité pour écouter et le pouvoir pour agir.
Parce qu’en démocratie, tout pouvoir doit être contrôlé, le maire-adjoint de secteur serait sous le triple contrôle du Maire de la ville toute entière, du Conseil municipal qui votera son budget mais aussi d’un Conseil de Secteur qui voterait chaque année un document d’orientation budgétaire présentant les souhaits prioritaires du territoire.

Établi par le maire-adjoint, ce texte serait soumis au vote du Conseil de secteur puis validé ou non par le Conseil Municipal, organe souverain en charge des équilibres territoriaux de la ville.

Si je récuse le système absurde du tirage au sort mis en place par Gilles Demailly, qui a fonctionné comme on sait, je souhaite une large consultation pour déterminer la composition de ces Conseils de secteurs. Compte tenu du rôle important qui leur serait dévolu, je n’imagine pas que, d’une manière ou d’une autre, tous les conseillers municipaux, y compris d’opposition, ne soient associés à leur désignation.

Voilà le sens de ma proposition. Elle me prive peut-être de ceux qui souhaiteraient qu’un poste rémunéré valorise leur ralliement, mais je n’imagine pas une seconde que les collègues auxquels je pense en feront une condition de leur engagement.
L’époque n’est plus à ces pratiques là !

Nous ne pouvons pas demander des sacrifices aux ménages comme aux entreprises et ne pas nous appliquer cette rigueur prônée aux autres.

Pour ma part, si je devais être élu maire et Président d’Amiens Métropole (les deux fonctions sont indissociables, compte tenu du poids de la ville dans l’agglomération), je m’engage à abandonner tout autre mandat, dès le renouvellement des conseils généraux (départementaux), à ne pas cumuler comme aujourd’hui les indemnités de maire et de Président de l’Agglomération, à prendre en charge personnellement la responsabilité des finances et du personnel, sujets sensibles relevant évidemment de l’arbitrage du premier élu.
C’est en étant exemplaire dans ces moments difficiles où les habitudes d’hier ne peuvent plus avoir cours, que nous retrouverons la confiance des électeurs.

C’est ce que je souhaite !

6 réflexions au sujet de « Quatre adjoints ?! »

  1. Je pense que réduire les maire adjoint est une bonne chose car parfois ils sont trop payés par rapport au travail effectué! le plus important ce n’est pas le nombre c’est le résultat attendu. Un exemple tout bête, dans une cuisine si vous mettez 20 cuisiniers et un mauvais chef!, le restaurant ne marchera pas car les commandes clients prendrons du temps a venir et les clients ne reviendrons plus par contre vous mettez un vrai chef qui dit qui fait quoi avec une vrai autorité, et 10 cuisiniers cela fonctionnera mieux..

  2. Monsieur JARDE,

    vous évoquez a mon sens le point crucial de toute démarche élective.
    L’ENGAGEMENT.
    la différence electorale se fera sur votre atout; le sang froid.
    Je me permets de vous souhaiter une bonne poursuite dans vos projets pour nos enfants et nos ainés
    respectueuses salutations
    f.richer

  3. Bonjour Jardé,
    Je suis loin d’être enthousiaste sur cette idée. Si elle part d’une intention louable, elle oublie un peu vite les ratés des mandats de Monsieur De Robien. Je suis étonné que la santé n’ai pas plus de grâce à vos yeux, en reconnaissant les bienfait du développement de la Maison de la Prévention dans une région prioritaires à bien des égards…
    Et que penser que la mission Egalité ? Elle a permis de rattrapé un retard considérable, là où la lutte contre les discriminations a été sacrifié aux intérêts économiques. Une accessibilité de la ville aux personnes en situation de handicap, un engagement dans les droits des femmes, et que dire de la lutte contre l’homophobie avec une palme d’or Idaho et un classement à la hauteur de Paris ?
    La précédente mandature invoquait le fait de ne rien faire car cela ne rentrait pas dans ses directives. J’espère que vous ne sombrerez pas dans cet écueil…

    • Bonjour Monsieur
      Merci de votre message, il me permet de préciser deux choses importantes à mes yeux.

      La première est que je ne vois pas en quoi diminuer le nombre d’adjoints diminuerait l’éventail de leur action. Pensez-vous que plus il y a de ministres plus il y a d’actions ? Hélas non.
      L’action des ministres, comme celles des adjoints, dépend essentiellement de leur budget et ces budgets diminuent justement avec le nombre de responsables puisqu’ils coûtent eux-mêmes au budget général. Au contraire, une action décentralisée s’adaptera plus finement et plus économiquement aux populations concernées. Vous admettrez facilement que la lutte contre les discriminations ne se pose pas dans les mêmes conditions au sud, au nord à l’est ou l’ouest d’Amiens ! Je veux rétablir une démocratie de proximité ou 4 adjoints aidés de deux ou trois délégués aborderont les problèmes en fonction de la spécificité de leur secteur.

      La seconde est importante aussi. J’ai appris depuis longtemps que « gouverner c’est choisir et choisir c’est renoncer ». Le budget municipal ne trouve pas ses ressources dans un trou dans lequel il suffirait de puiser : il provient en plus grande partie de l’argent imposé aux familles et aux entreprises, c’est-à-dire au pouvoir d’achat et à la compétitivité des entreprises.
      Cette ponction, devenue insupportable, les asphyxie l’un et l’autre et tue l’économie locale donc l’emploi, donc les revenus, donc le budget de la ville ! Le chômage ne permet aucune solidarité, la création d’entreprise, OUI!
      Beaucoup de ce que vous proposez relève d’autres collectivités et notamment du département. En se substituant à lui, la ville par clientélisme, fait payer aux seuls Amiénois ce qui relève de la solidarité départementale : très souvent les Amiénois, par la fiscalité payée au département, subventionnent des actions qui ne les concernent pas.
      Il faut savoir qu’Amiens Métropole paie plus d’impôts au Département qu’il n’en reçoit d’aides, alors que la ville accueille 50% des bénéficiaires du RSA du département et plus de la moitié des logements sociaux.

      En prenant en charge des responsabilités que la loi affecte à d’autres collectivités, la ville ne perçoit pas les dotations de l’Etat qui s’y rattachent et fait payer aux seuls Amiénois le coût d’une solidarité bien mal partagée.

      Ne tombons pas dans le piège de vouloir nous occuper de tous ou pire, de faire semblant ! Plus d’adjoints à payer, c’est moins de budget pour faire ! Notre avenir est en jeu, il faut avoir le courage de choisir la voie de l’action efficace plutôt que celles des paroles qui consolent.

      Je vous remercie de cet échange et reste à votre disposition.
      Je vous prie de croire à mes sincères salutations,
      Bien cordialement
      Olivier Jardé

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